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LES ANGES NE MEURENT JAMAIS

« Parle moi mon coeur,

Toi qui sais.
Où es-tu ?
Je sais que tu m’entends.
Où es-tu dans l’immensité de l’inconnu ?
D’où me parles-tu ?
D’où fais-tu tourner l’horloge à l’envers ?
où ris-tu en m’envoyant tes drôles de messages ?
Qui t’accompagne dans cet autre monde ?… »

 

Les âmes passagères

« … Les enfants qui meurent jeunes, mais aussi ceux qui se sont incarnés fugitivement, fausse couche, avortement, mort à la naissance, sont des âmes passagères. Certains sont partis avant même d’avoir eu le temps de vivre, d’exister à nos yeux. Sans visage, ils n’ont pas laissé de traces, on les a relégués dans le silence et l’oubli. Pourtant ils sont là dans nos ombres, parfois dans l’évanescence de pensées éphémères, parfois disparus de notre conscience. Il arrive aussi qu’ils nous hantent et se rappellent à nous de multiples façons. Ceux que nous n’avons pas reconnus peuvent assombrir notre vie sans que nous en ayons conscience, parce qu’eux-mêmes vivent la tristesse de ne pas avoir été nommés, et aimés. Ils ont besoin de notre regard et de notre amour pour que leur incarnation éphémère soit justifiée, qu’ils ne soient pas venus pour rien, en quelque sorte… »

Les lieux assombris

« Les drames ne s’impriment pas seulement dans les esprits, les lieux et les objets en sont aussi subtilement imprégnés. Les maisons reçoivent l’empreinte de ce qui s’est passé, elles ne respirent plus de la même façon, elles s’assombrissent. Les tristesses s’inscrivent dans les murs, se glissent dans les arbres dont le feuillage ne bruit plus de la même façon, mettent un filtre grisé sur la pureté de l’air.

 

Pour celui qui passe sans y prêter attention, rien n’a changé. Pour celui qui ressent les choses subtiles, l’ombre s’est installée. C’est ce qui s’est passé après le départ d’Adrien. Une subtile transformation du réel. Autour de la maison familiale, l’air s’est obscurci, les ombres sont arrivées. Adrien a emporté avec lui l’âme rieuse de la maison. Notre tristesse a marqué imperceptiblement les lieux, la pluie a succédé au soleil. Le silence comme un voile a altéré jusqu’aux couleurs des jardins, l’insouciance et l’innocence se sont envolées.

 

Sur la maison, l’ombre de ce jour où le monde a basculé va planer longtemps, voilant de tristesse chaque instant. Il aura fallu, au terme de longues années suspendues dans le silence, qu’enfin la parole se délie, et que se fasse la lumière autour de la mort d’Adrien, pour que la maison retrouve la douce harmonie d’autrefois. Il aura fallu que la nouvelle génération d’enfants arrive, les enfants de Prunelle et de ses cousins, ces jolies et puissantes âmes avec leur gaieté et leurs rires, pour restituer enfin aux lieux leur lumière initiale. Récemment ma sœur m’a dit : « C’est incroyable, tu sais, la clarté est revenue dans la maison et tout autour. » Les ombres se sont levées. »

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